CORPS ESPACE


L'ATELIER CORPS ESPACE FAIT UNE PAUSE CETTE SAISON
LES COURS AU CENTRE JULIEN N'AURONT PAS LIEU.
IL Y AURA SANS DOUTE 2 STAGES EN 2010.
Vous pouvez écouter pendant votre lecture de la page

  Ce travail d'expression corporelle adapté de l'enseignement du danseur et chorégraphe japonais Min TANAKA et qui s'adresse à un large public, sera proposé non plus tous les samedi matin mais sous forme de 5 stages de week end pour la saison 2009 2010 au centre julien. Nous vous informerons des dates de week end en septembre. 


L'atelier est animé (bénévolement) par Stéphane Lefranc depuis 1995. Stéphane Lefranc a découvert la "météo" au début des années '90, en participant à Paris à l'atelier mené par Viviane Duvergé. Devenu comédien-danseur, il a suivi plusieurs stages avec Christine Quoiraud, Christiane Blaize, N'deye Sall, Kyoko Sato, Sumako Koseki, Ko Murobushi... Il présente aujourd'hui une synthèse personnelle entre Butô et danse contemporaine. Toutefois, cet atelier n'est pas un cours de danse ! Son contenu est adapté aux sollicitations et aux possibilités d'un large public et se préoccupe avant tout d'écoute (de soi et de l'autre) et de mise en espace. Depuis 2004, Stéphane Lefranc est secondé par Nathalie Evora.

    
CONTENU DE L'ATELIER

La séance, hebdomadaire, se décompose en trois temps :

- Échauffement : training "Muscle-Bone"

- Manipulations : 7 manipulations au sol, à deux, basées sur la respiration, l'étirement, l'assouplissement et la relaxation.

- Jeu et improvisation guidée : moment d'exploration du corps dans l'espace, notions de temps et de perception sensorielle.

Outre les séances hebdomadaires, des stages sur deux jours sont régulièrement organisés (1 ou 2 par an) afin d'approfondir les acquis de l'atelier.

CORPS ÉTRANGER
installation-performance de Catherine Cocherel avec la participation de Stéphane Lefranc

         

< photos © Nathaniel Bensoussan >



DRIVE ON
Laboratoire de Météorologie du Corps


Shintai Kisho Kenkkyujo   
Room 306, Honcho 5-13-1,
Nakano-ku, Tokyo, Japan 164

1 nov. 1980

Body Weather
                             
Body Weather est un état d’esprit autant qu’un état du corps.
Il est là à l’intérieur d’une personne autant qu’entre et parmi des personnes.
Il est également là entre une personne et l’extrémité de l’univers, s’il en existe une.
Il est là à l’intérieur d’une seule cellule, d’une molécule, d’une particule, d’un quarc.
Il existe dans notre vision, dans ce que nous entendons,
dans nos sentiment, perceptions et dans notre imagination.
Il est sans forme et il ne s’arrête pas.
Changeant sa forme et substance constamment.
Comme le temps météorologique, le phénomène naturel dans lequel nous vivons,
il nous affecte à chaque instant.
Il est indivisible car comme l’eau ou l’air ses éléments et l’ensemble sont identiques.

Le diagramme de la pression atmosphérique que nous voyons, tous les jours à la météo
représente une bonne métaphore de Body Weather. Mais il y a des différences.
Contraire du temps météorologique,
Body Weather n’existe  pas sans notre volonté et notre conscience.
Le diagramme de Body Weather n’a pas de lignes pleines mais des lignes en pointillés
avec des flux continuels  entre l’intérieur et l’extérieur.
Le contours du diagramme de Body Weather ne sont jamais fixes
comme ceux que nous voyons dans les diagrammes de la pression atmosphérique.

Body Weather existe partout - - dans un lit  d’un hôpital, dans une tombe,  dans un
désert sous la lune, dans le temps anciens, dans une disco, dans une prison.
On le trouve, ou bien il se manifeste partout.
C’est un énorme corps qui repose sur toute la terre.
Le géant vit également dans les corps individuels.
Il se reflète dans chacun de nous et son nom est mémoire,
mémoire du corps transmise à travers l’histoire par nos gènes.

L’endroit peut être n’importe où et il est sans nombre.
Le temps météorologique et Body Weather évoluent et  changent.
Il est une réalité concrète. Ni vague ni chaotique.
Il a ses lois et principes propres. Dilatation, condensation, expansion,
concentration, des bonds, des chutes, du vide, saturation, vitesse et arrêt.

Ce qui se passe dans les zones limites de la peau à l’intérieur et
à l’extérieur et entrée les deux, c’est body Weather.

Il n’a pas de distinction fixe et absolue entre ce-côté ci et ce-côté là. 
Pas « d’ici » et « là ». La périphérie de « là » s’étend jusqu’ « ici ».
Où se trouve le bord du Soleil ? 
Est-ce que le Soleil s’arrête à la ligne circulaire
que notre vision perçoit comme étant sa forme ?
Où est-ce qu’il  s’arrête, juste à la surface de nos globes oculaires ?
Où réside « toi »?
« Toi », ne vit-il pas dans l’imagination, l’attente, la compassion et les sentiments d’un autre « toi » ?

Sous l’impact de l’atmosphère, physique et metaphysique, la vélocité du Soleil 
et du « toi » change constamment. 
C’est pourquoi il y a le temps météorologique et Body Weather.

Du plus proche au  plus loin. Trouver une espace vide dans (de) la densité.
Condenser, accélérer, s’étendre et équilibrer.
Aller à l’extrème, à la racine, revenir à l’état normal, spécifier, généraliser.

Body Weather est un avion, un objet volant, omnidirectionel.
Il est un cercle omni-centrique.


HYPER-DANSE et BODY WEATHER  --  Min Tanaka

Quand on voit combien il est difficile pour beaucoup de gens commenter
ou interpréter ma danse, il faut penser qu’elle est assez superbe.
Etant adolescent et étudiant la danse classique et moderne [il y a maintenant  17 ans],
je sentais constamment que quelque chose manquait,
mais je travaillais d’esespérément afin d’améliorer ma technique.
Les danseurs étaient alors préoccupée par un travail technique
qui aboutissait à la « beauté transcendante ».
Je n’étais pas tout à fait satisfait avec un tel environement (mileu),
surtout en ce qui concerne ma relation avec le monde.

Le genre de danse que j’avais connu dans mon enfance était beaucoup plus la danse pour
moi -- le lieu avait alors beaucoup plus besoin de la danse. C’était la danse de festival
d’une petite ville. Quand la saison  arrive, le lieu invoque la danse.
Ceux qui étaient à l’origine de cette danse [et de son encadrement] 
n’étaient point des spécialistes mais des gens exerçant des métiers divers
dans leur  vie quotidienne (des paysans, des cadres, des ensaignants, etc.).
Mais quand la saison du festival arrive, ces gens simples sont pris par la danse.
Etant enfant, j’étais la vie même, piétinant, agitant les bras, roulant ma tête parmi les
adultes en train de danser. Mais inévitablement, cette saison devait se terminer.
Etant enfant, je ne voulais pas croire qu’un tel échange continuel d’énergie
pouvait prendre fin. Partout les enfants croient  à la continuité indéfinie
de tels moments qui nous  permettent d’être éveillés jusqu’à l’extrême.
Je n’était pas une exception. Mon corps et mon âme, réveillés par le festival,
étaient frustrés et devaient se trouver une direction, un fois que les adultes
déclaraient le festival terminé.
J’étais alors réduit à  « juste  une personne individu »  et on me faisait
revenir à la société que les adultes ont créée pour eux-mêmes.
Je suis passé par cette triste expérience beaucoup, [beaucoup] de fois.

On nous apprend à compter nos corps par  un (1), deux (2), etc.  . . .
et que cette individualité est la preuve de notre existence.
Mais, est-ce vraiment vrai ?
Je ne peux guère croire que ce corps qui est le mien, recouvert de peau,
soit une entité indépendante.
[Sans trop y penser], nous appelons  la durée du  temps, qui s’écoule de la  naissance
d’une personne à sa mort : une vie, ou un cycle de vie.
Pourtant, si je veux comprendre ma vie comme quelque chose de substantiel dans les
maillons de l’humanité, je ne peux que m’imaginer des « moi »  innombrable engagés
dans le spectacle sans fin de   l’humanité.
Certainement, il y en a des cellules et des âmes qui continuent à vivre en moi.

vivre en moi.

En japonais, l’idéogramme signifiant « une personne »           
consiste, dans le fait, en deux personnes s’appuyant l’un contre l’autre.
Le mot signifiant « être humain » s’écrit ainsi :         .            
Les sens des deux  idéogrammes est « la  relation entre deux [ou plusieurs] personnes » .
Depuis longtemps on sait qu’il existe des flux divers entre l’intérieur et l’extérieur du corps.
C’est ce qui soutient le corps.
Je me rappelle  que, dans mon enfance, les gens disaient : « il  fait bon, n’est-ce pas  »
(dans les sens de « comment allez-vous ?  ») pour établir un contact vibrant.
Pour moi, l’aspect relationel entre des entités
est plus important que la définition des entités elles-mêmes.

La danse que j’étudiais après mon adolescence, était du genre « existentialiste ».
Il y avait le slogan :
« Engager son corps à fond dans l’expression des idées et des émotions personnelles ».
Ce que je veux savoir, pourtant, c’est quelle est la source d’où proviennent mes sensations
intérieurs. Je veux danser la danse dont notre corps se souvient.
Notre corps exprime deux millions d’ans d’humanité.
Il est intolérable pour moi de voir la danse d’une seule personne considérée
comme une entité absolue.

Une danse n’est vraiment établie que si elle exprime l’état de l’âme du lieu où elle
se déroule. L’oscillation complexe à l’intérieur de l’esprit de toute personne --
c’est de la danse.


Ainsi la danse ne devient pas une oeuvre d’art.
Elle est nullement une expression personnelle.
Nous ne dansons pas dans un endroit,
nous dansons le lieu, affectés  par l’esprit de ce lieu.


Il y a trois ans, je dansais  dans divers endroits, partout au Japon.
Dansant tous les jours, j’étais à 150 endroits en 3 mois.
C’est le lieu qui  fait surgir de la danse.

Les séries actuelles DRIVE,
c’est le thème du lieu (y inclus les spectateurs) mais c’est aussi autoprovocation.
DRIVE, ce n’est pas le désir d’arriver quelque part mais
la forte détermination de devenir une force propulsive soi-même.

De la part des spectateurs provient le DRIVE pour la danse de l’âme et également 
pour celui qui improvise dans le lieu avec la plus grande liberté.
J’ais dansé à peu près 500 fois dans ces séries.
Tant qu’il y a un lieu, je suis toujours prêt à danser.
Je suis un danseur qui est Body Weather lui-même.
La terre tourne autour du Soleil à une vitesse de 1800km/h.
Elle voyage vers Cygnus ensemble avec le Soleil qui se déplace sur une orbite en
spirale à 240km/sec. à travers le tourbillon de la galaxie avec 100 billion d’étoiles.
Tout en traversant ce vaste univers, la terre continue à tourner et à osciller
comme si elle faisait des signes  de oui et de non.
Si quelqu’un regardait toutes ces orbites diverses d’un coin éloigné de l’univers,
la terre devrait apparaître comme un danseur cosmique.
La terre, une particule dans le Cosmos, c’est un danseur avec DRIVE.

Nous, sur terre, avons toujours vécu avec la mémoire cosmique,
ayant en nous le DRIVE qui nous permet de nous identifier avec le Cosmos.
Je crois qu’il est temps pour nous de restaurer [retrouver] cette mémoire.
Je vais probablement continuer mon action provocative contre la modernité
qui nous fait croire que la vie c’est ce qu’il y a entre notre naissance et notre mort.

Mes yeux son fixés sur Body Weather. C’est un apprentissage sans fin.
Ma réponse éthique à mon corps qui s’est  mis à danser,
c’est de me réjouir de ce processus infini d’apprendre.
Min Tanaka est un danseur crée par Body Weather,
il est un danseur qui danse Body Weather.
MT en tant que personne  se sent responsable de
développer MT en un MT qui pourra être admiré de plus en plus.

traduction : Kazue Kobata & Ingrid Metzing 1980
type settings : Kazue Kobata & Shizuko Yamashita 1980 >  nbf 2001-3


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