Présentation

  • : Compagnie du Funambule
  • : Processus de création d'un spectacle de marionnettes tout public, sur la vieillesse et la mémoire. Pages de presentation des autres spectacles de théâtre de masque et marionnettes jeune et tout public de la compagnie du funambule
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Dimanche 7 octobre 2007
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Lucienne 

Oui. Je suis coquette, vous savez. Je ne fais pas mon âge. C'est juste que... non, juste c'est pas le bon mot. C'est que... Ah, je ne sais plus ce que je raconte. Je perds la boule hein, vous vous dites. Enfin, c'est comme ça. Oui."


Georges

Oui. Je répète, je répète. Oui.

Avant je savais danser, vous savez ? Je veux dire : danser, vous savez ?
Autrefois, je...

Lucienne 

On est plus jeune deux fois... Je suis toute seule... eh oui... c'est comme ça... jusqu'à attendre la mort... c'est comme ça la vie... eh oui mon pauvre jeune homme... eh oui.... eh oui !... eh oui ! fait beau... oui !"


Georges
Attendre qui ? Se souvenir d'un prénom, un nom de dans le temps.



 

par Funambule
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Dimanche 7 octobre 2007


L’Espace
 
Deux espaces distincts : celui de Lucienne et celui de Georges. Des lieux de vie, d’attente.

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Lucienne derrière sa table assise sur sa chaise. Autour d'elle une panière sur laquelle, elle s'appuie pour se déplacer. Un sac, à l'intérieur de celui-ci des objets personnels, maquillage, quelques photos...

Georges, lui, attend sur un quai de gare, sous une pendule où le temps s'est arrêté. Deux valises, qui ne s'ouvrent pas, comme un passé que l'on transporte, mais dont la clef à été perdue. Il porte avec lui ce passé qui n’est plus. On perçoit douleur et douceur sur son visage et dans son regard. Un bouquet de fleur à la main, il semble attendre quelqu'un. Mais le bouquet est fané. Pour qui, pour quand ce bouquet ? Qui attend t-il ? Et pourquoi ici ? A ses pieds des morceaux de papier, une lettre déchirée. 
Un banc placé au centre, comme un pont, un tiret. Ici, c’est l’enfer pire que l’enfer, c’est l’enfer sans les autres.

 

 

 L’altération des capacités sensorielles et la diminution des mouvements chez la personne âgée ne permettent pas une orientation et une structuration spatiales satisfaisante. L’angoisse générée par la désorientation spatiale peut aboutir à une absence de mouvements et à une nécessité d’immobilité des objets. La personne âgée a tendance à rétrécir son espace (c’est une attitude Psycho-corporelle) . Elle restaure autour d’elle un micro-espace à valeur protectrice. (revue Net-Santé)

La Parole
 

Les marionnettes, Lucienne et George exigent du silence et leur silence fait ostensiblement partie de leur langage.


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“Leur capacité expressive passe aussi par leur présence physique, leur environnement, leur aspect et leur situation. Tous ces éléments concourent au sens, sans suprématie absolue de l’un ou de l’autre. Le spectacle se construit par la mise en résonance d’un ensemble de perceptions. L’entendement passe par un processus aussi bien intellectuel que sensitif".
Claire Dancoisne.
par Funambule
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Vendredi 5 octobre 2007
Les personnages sont des marionnettes, des pantins, qui collent à la réalité qui nous échappe. Ils sont là devant nous à se battre contre eux même. Ils courent, immobile, tournent le dos, pour mieux regarder. Ils sont là avec leur conscience endormie.

 


Lumière

Fabien Massard, à une formation d’école des Beaux arts en design. Il est régisseur permanent au Parvis des Arts et travaille depuis plusieurs années pour les créations de la compagnie du Funambule. Nous avons ainsi pu élaborer ensemble une excellente complicité, grâce à quoi la lumière est le prolongement naturel du spectacle.

Créer une lumière, qui donne une “aura” autour des personnages. Une sorte de “corps-enveloppe”. dans un espace restreint, essentiel :  La personne, ses objets, son intimité.  Ainsi elle élargie les limites du moi qui viennent coïncider avec les limites de l’espace privé. Elle limite l’envahissement par les autres.
D’un côté une lumière orangée, qui donne cet aspect sépia qui caractérise tant les photos anciennes et vieillissante. De l’autre côté une ambiance plus sombre dans des teintes bleues, proche de la folie.



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Décor

Stéphane Lefranc

Objets divers, Bric à brac, papiers, une horloge de gare déposés là, devant nous. C’est tout un appartement qui est là. Celui d’une personne âgée. On entre chez quelqu’un. Chaque chose est posée, comme le témoignage d’une vie. Une valise, une table, un sac, une panière, quelques papiers. Ils viennent à nous. Sauver les meubles ! Redonner vie à ceux là !  Voilà l’univers de Georges et Lucienne

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Musique
par Xavier Thomas
 
Je me souviens d'une conversation avec Daniel Deshays où il m'expliquait qu'avant de produire du son pour une pièce, il fallait d'abord écouter le son sur le plateau !

Le son au théâtre doit être modeste : ne pas s'affirmer comme rythme ni comme mélodie, ne pas couvrir le souffle, les pas, mais accompagner le jeu, le révéler. Ainsi,
l'essentiel de la musique du spectacle Moire relève de ce qu'on pourrait appeler "musique concrète", en ceci qu'elle n'est quasiment pas interprétée sur un ou des instruments, mais faite d'une multitude de sons prélevés dans la vie, la ville.

IMG-3421.jpgLe spectacle commence par un battement distant, auquel répondent des voix d'enfants, l'écho d'une plage lointaine ; des souvenirs heureux qui s'estompent.


Sur le quai d'une gare, Georges attend. Des bruits d'usine, tuyères sifflantes, des objets sonores métalliques et fugitifs qui passent parfois, des fantômes de machines.


Lucienne se maquille, regarde de vieilles photos. Ne rien ajouter, à peine amplifier le son de ses mouvements, le claquement du poudrier, avec un micro dissimulé sous la table.

Une rupture en forme de sourire : quelques notes simples et agiles (Gus Viseur, extraits d'une valse). Quelques mots épars de la conversation d'une vieille dame croisée dans un parc public. Garder les locutions, les "eh oui", les "voilà, voilà", les "c'est comme ça".

Georges, souffle, souffre. Le son de l'air s'échappant d'un accordéon, sans note jouée, les grincements du soufflet. Un bourdon petit à petit installe une tension, une bouche émet des râles. (accordéon : S. Lefranc)

Un bal : il commence à vide, le son des doigts sur les touches de l'accordéon, d'abord, on imagine la mélodie sans l'entendre, Lucienne danse, portée, s'élève. L'accordéon ose une mélopée, un désespoir de marin, très doux. (Acc. S.L.)

Georges parle (voix off). Un texte découpé, deux voix entrecroisées : la voix se dédouble, le personnage est plus complexe qu'on ne croit, une multitude de fragments épars. De la poésie avec des choses très simples, des mots très simples, des mots avec des trous, des phrases décousues par le montage de tout petits fragments de phrases.

Final : un grondement sourd, le battement du début revient, se superpose, quelques notes éparses et dissonnantes d'accordéon, un ventilateur souffle de l'air. On finit sur ce souffle.

XT


par Funambule
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Vendredi 5 octobre 2007
 Stéphane Lefranc a suivi plusieurs formations à l’Insitut International de la Marionnette à Charleville- Mézières avec la compagnie Green Ginger et à Strasbourg avec la compagnie Flash marionnette.


 La tête de la marionnette est en latex.  Le corps lui  est réalisé avec des matériaux souples et léger permettant une mobilté du corps. La marionnette est conçu, pour se mouvoir dans l’espace. Nous utilisons notre propre main, comme main du personnage l’autre se trouvant dans la tête pour diriger le regard et donner vie au visage. Bien que réaliste, il s’agit d’un pantin, dun ’objet animé, et non un Être Humain, fait d’os et de chair. C’est au  marionnettiste que revient la tâche de lui donner une âme.


IMG-3448-1.jpgGeorges.  j’ai tout de suite voulu travailler sur un personnage âgé. Il s'agissait de mettre en avant le corps d'un danseur vieillissant. Mais petit à petit, il s'est recouvert de vêtements. Il ne laisserait voir que son visage, ses mains et quelques parties de ce corps, que lui même dévoilerait.

Comment vivre avec le souvenir de ce corps dansant. Tout dans son esprit à le désir, de se mouvoir. Mais le corps ne suit plus.  Ce qui altère son esprit. C'est pourquoi, il se rattache à un souvenir qu'il nomme "Louise". Qui est ce, une personne, une chose, ou tout simplement le souvenir d'un moment, d'un passé qui n'est plus ?




IMG-3404.jpg  Lucienne créée un peu plus tard, n'a pas ce rapport au corps. La danse ne fait plus partie de sa vie. hormis le souvenir des bals de sa jeunesse. Tout de suite se dégageait d’elle une coquetterie, une certaine gaieté. Elle est un peu coquine, joue beaucoup avec ce qui l'entoure. Elle perd un peu la boule. Mais elle aime se maquiller, avec des gestes qu'elle répète depuis tant d'années. C'est une sorte de rituel chez elle, pour ne pas s’oublier. lorsqu’elle prend un objet en main, celui ci ne lui évoque rien. Alors, elle le jette, pour ne plus le voir, pour ne plus qu’il lui rappelle qu’elle ne se souvient plus de lui. Elle a autour d'elle tout son univers : photo, sac à main, miroir, chapeau.

Il lui est difficile de se mouvoir, d'où cet espace restreint. Elle se revoit petite fille, avec sa poussette. Elle perd pied aussi. Dès qu'elle s'éloigne de son espace, elle ne reconnaît plus rien, et la peur, l'angoisse de se perdre l'envahit.

par Funambule
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